Les glaces : œufs, lait, une gourmandise pleine de souffrance. Quelles alternatives existent ?

Dimanche dernier, le 24 mars, c’était la journée internationale de la glace artisanale. Vous je ne sais pas, mais moi, la glace avec deux enfants à la maison, ça vire à l’obsession dès que le beau temps arrive.

« Mamaaaaaaaan, c’est l’heure de la glace ? Et là ? Et maintenant ? Toujours pas ? Ça y est ? J’peux en avoir une deuxième fois ? S’te-plait, alleeeez ! »

Dire non à un enfant c’est pas végaaaaane (je n’invente pas, mon 8 ans me l’a vraiment sorti !). Bref, les enfants veulent des glaces, nous on veut des glaces mais… Oups… Attendez deux secondes. Les glaces ne sont pas toujours véganes.

C’est donc l’occasion pour moi de revenir sur la souffrance des vaches laitières, des poules pondeuses, et vous proposer des alternatives cruelty-free. Si vous connaissez déjà les problématiques liées au lait et aux œufs, vous pouvez passer directement à la partie « quelles sont les alternatives possibles ? ».
Si vous ne connaissez pas les problématiques, ma foi, vous faites bien comme vous voulez 🙂. Comme disait ma grand-mere : “L’homme est de glace aux vérités, il est de feu pour les mensonges.” En fait, c’était Jean de La Fontaine, mais c’est plus classe de dire que c’est ma grand-mère.

Quel est le problème avec le lait contenu dans les glaces ?

La vache est un mammifère et les scientifiques sont unanimes : elle ressent la douleur, des émotions, et a aussi des capacités cognitives ainsi qu’une vie sociale 1. De nombreuses vidéos circulent sur internet, où la mère appelle son veau des heures durant ou court après son petit lorsque ce dernier lui est enlevé. Nous ne pouvons donc plus nier la sentience de ces animaux si particuliers aux yeux des francais·e·s. Si toutefois vous doutez encore et avez besoin de plus de sources, je vous conseille la lecture de l’ouvrage Contre la mentaphobie de David Chauvet, le tout sans jugement aucun envers les lecteur·ice·s, point très important chez nous à LTTP

Cet essai, par une démonstration rigoureuse, à l’appui de textes philosophiques et d’études scientifiques, nous permet de réfléchir autrement notre rapport aux animaux…

Extrait de la 4e de couverture de l’ouvrage.
Crédits photo : Samuel Gonzalez Izquierdo via Unsplash

De nombreuses personnes pensent que les vaches fabriquent naturellement du lait en toutes circonstances, parce qu’elles sont appelées « vaches laitières ». En vérité, comme tout mammifère, la vache doit avoir eu un petit pour produire du lait. Les éleveur·euse·s, à qui l’on demande toujours plus de lait et au prix le plus bas, n’ont pour la plupart plus d’autre choix que de séparer le petit de sa mère dès la naissance, ou au plus tard dans les 24 heures. Chaque litre de lait compte. Cette séparation, comme vous pouvez amplement l’imaginer maintenant que vous savez ces animaux sentients, est un brise-cœur.

Les mâles seront tués vers six mois pour finir dans les assiettes, et les femelles, comme leurs mères, sont condamnées à enfanter et fournir du lait des années durant. Vers 6 ans, après avoir eu deux, trois, voire quatre petits (pour les plus coriaces) par insémination artificielle, les mères sont ensuite également envoyées à l’abattoir. Ces vaches dites « de réforme » sont transformées en « bœuf haché » alors qu’il devrait être indiqué « vache hachée » sur les paquets de viande. Sélectionnée génétiquement pour produire toujours plus de lait, une vache produit aujourd’hui en moyenne 8 400 litres de lait par an soit trois fois plus qu’en 19502. Si vous avez allaité, imaginez la fatigue que cela engendre, les infections ou diverses maladies. Tout cela combiné à la séparation d’avec leurs petits, les vaches ne sont pas épargnées par la dépression3.  Étrange, quand des légendes urbaines racontent que les bouses de vaches… luttent contre la dépression. Ça ne laisse pas de glace n’est-ce pas ? De marbre pardon, de marbre.

Les poules, Stomy Bugsy et l’élevage en batterie

Je m’attendais à une dinguerie, mais là, c’est l’enfer

Stomy Bugsy

Je l’apprends en faisant des recherches pour cet article, les glaces contiennent aussi des œufs. Ils servent d’agent émulsifiant, de liaison, de texture, de saveur et de coloration. Mais les œufs ne souffrent pas, où est le problème ?

Il y en a deux : le broyage des mâles qui « ne servent à rien » aux industries, et l’exploitation dans des conditions abominables des poules pondeuses. Et quand je dis abominable, loin de moi l’idée de vouloir culpabiliser qui que ce soit. Il suffit de voir les nombreuses vidéos pour se faire une idée.

Crédits photo : Jason Leung via Unsplash

Si vous voulez en savoir plus sur les élevages de poules, les images parlent plus que les mots (attention, il faut avoir l’estomac bien accroché). Vous pouvez aller voir les enquêtes de L214, par exemple celle-ci sur les œufs de la marque Matine, ou cette courte vidéo faite par CIWF France.

Récemment, le rappeur Stomy Bugsy est allé dans un élevage intensif de poules. Si vous avez l’estomac bien accroché, vous pouvez le regarder ici.

Petit résumé rapide pour les personnes sensibles : un élevage peut contenir plusieurs milliers de poules, qui vivent collées les unes aux autres dans des cages avec, pour chacune, même pas l’espace d’une feuille A4. Et une poule, c’est un peu plus grand que dans l’imaginaire collectif. Elles peuvent naître avec des déformations, passer plusieurs jours avec une poule morte, le tout dans des locaux souvent très poussiéreux, insalubres et sans jamais voir la lumière du jour. De rares élevages contiennent moins de poules et, parfois, ces dernières ont accès à un parcours extérieur, pour un temps très court qui varie d’une à quelques heures. Tous les mâles sans exception sont broyés par caisses entières, vivants, ou étouffés, toujours vivants, dans des sacs poubelle. On dit souvent « Quelle vie de chien ! », il serait plus approprié de dire « Quelle vie de poule ! ».

Quelles sont les alternatives possibles ? Bonne nouvelle : il y en a plein !


Une recette maison express pour les enfants qui ont « troooop envie de glace tout de suite parce que tu comprends, papa, maman, c’est une question de vie ou de mort quoi. ».

Il vous faudra du sirop aromatisé de votre choix, de l’eau, et des moules/tubes à glace. Préparez un sirop plus ou moins sucré selon les goûts, mettez le sirop dans le flacon, fermez, laissez au congélateur une demi-heure à une heure selon la température de votre congélo.

Crédits photo : Goran Ivos via Unsplash

Et la Chantilly alors ?

Bah, c’est tout simple, et super bon 😉

Ingrédients :

  • 200 ml de crème de coco (en briquette)
  • 15 g de sucre glace
  • 15 g de sucre vanillé
  • 1 sachet de chantibio (ou chantifix – facultatif)

Préparation :

  1. Mettez un bol 15 minutes au congélateur avec les fouets du batteur.
  2. Sortez le bol et placez-le dans un récipient plus large avec des glaçons.
  3. Versez la crème coco dans le bol et fouettez au batteur pendant 2 minutes.
  4. Ajoutez le sucre glace, le sucre vanillé et le chantibio sans cesser de fouetter.
  5. Une fois la chantilly montée, placez-la au réfrigérateur. Vous pouvez ensuite la mettre dans une poche à douille pour décorer vos desserts.

Décidément, Vegan Pratique, c’est vraiment pratique !

Quelques blogs avec de superbes recettes

Où manger des glaces véganes à Paris ?

Une liste est proposée par Le Bonbon.

Régalez-vous ! N’hésitez pas à nous partager vos recettes favorites en commentaire 😃. Du love sur vous.

Noita


  1. Cet article est énormément sourcé, n’hésitez pas à aller lire ses sources !
  2. Voir également le documentaire “La face cachée du lait”
  3. Ouvrage « Maladies des bovins » 4e édition