L’abandon des animaux dits domestiques est un véritable fléau et s’amplifie avec l’arrivée de la période estivale. Un constat fait chaque jour par les salariés et bénévoles des refuges qui s’attachent à prendre en charge les animaux abandonnés, en plus de ceux déjà présents au sein des refuges.

Des abandons toujours aussi nombreux

L’association 30 millions d’amis vient de lancer, comme à chaque début d’été, sa campagne contre l’abandon des animaux, « We are the champions », en référence au titre phare du groupe Queen. En effet, la France détiendrait le triste record du plus grand nombre d’abandon d’animaux en Europe et les chiffres annoncés par l’association sont éloquents : chaque année 100 000 animaux seraient abandonnés dont 60 000 uniquement pendant l’été, et ces chiffres ne seraient pas en baisse

Ces chiffres, qui se basent sur les données fournies par la SPA, les associations et le service vétérinaire de l’Etat, restent toutefois des estimations. Il est en effet difficile d’évaluer avec précision le nombre d’animaux abandonnés, comme l’indique Stéphane Lamart, président de l’association éponyme de protection des animaux : « Nous, associations, sommes incapables de fournir des statistiques globales nationales. Ça n’aide pas la cause animale ». Une chose est sûre, et ce quelque soit le nombre exact d’animaux abandonnés : les refuges voient toujours autant d’animaux arriver, plus de 42 000 en 2017. 

Des causes d’abandon parfois stupéfiantes

Les raisons qui poussent à l’abandon d’un animal sont diverses, les arguments avancés parfois difficilement compréhensibles. Le site Wamiz a réalisé en 2018 une enquête afin de connaître les raisons invoquées suite à l’abandon d’un animal :

  • Problèmes de comportement de l’animal (37%)
  • Événements familiaux (divorces, décès, naissance d’un bébé) (14%)
  • Déménagement (16%)
  • L’animal est tombé malade (11%)
  • Problèmes financiers (7%)
  • Découverte d’allergies (7%)
  • Problèmes de voisinage (3%)
  • Hospitalisation et maladie (2%)
  • Manque de temps pour s’occuper de l’animal (2%)
  • Départ en vacances (1%)

Les bénévoles des refuges entendent pourtant régulièrement des excuses ahurissantes : « il ne sert à rien », « je le trouve moche », « il a des griffes, il abîme le parquet », « je le ramène mais je veux en choisir un autre ». Autant de pseudo arguments qui révoltent les associations qui mettent régulièrement en place des campagnes de prévention pour tenter de responsabiliser les propriétaires d’animaux de compagnie. 

Le sociologue spécialiste des rapports humains et animaux Jérôme Michalon constate cependant que ces actions « n’ont pas réduit le nombre d’abandons mais [en] ont transformé sa forme ». En d’autres termes, les animaux ne sont plus abandonnés dans la nature mais amenés directement dans les refuges qui sont souvent surchargés. Alors si vous souhaitez offrir un foyer à un compagnon à quatre pattes, pourquoi ne pas sortir d’un refuge l’un de ces petits pensionnaires ?

Un chien dans un refuge
amayaeguizabal via www.pixabay.com

Se tourner vers les refuges et associations pour adopter

En plus d’un acte responsable qui permet de libérer une place pour un autre animal dans le besoin, les avantages pour les adoptants sont nombreux. Les refuges et associations savent guider les futurs adoptants grâce à des informations sur les animaux tels que leur passé, leur caractère, s’ils s’entendent avec les enfants ou si un extérieur est nécessaire, ce qui vous aidera à trouver un compagnon qui vous corresponde et se sentira bien chez vous

Les animaux proposés à l’adoption sont également propres et éduqués, même si quelques ajustements sont parfois nécessaires, et seuls les animaux suffisamment sociables et prêts à quitter le refuge sont à adopter. Il est aussi rassurant de savoir que les animaux des refuges et associations sont stérilisés, identifiés, vaccinés et traités contre les puces et parasites

Il ne faut pas non plus oublier qu’il est possible de se tourner vers un animal âgé, malade, atteint d’un handicap ou ayant subi des maltraitances. Ces animaux, tout comme ceux au pelage noir qui souffrent d’une mauvaise image, restent bien plus longtemps que les autres au sein des refuges alors qu’ils ont tout autant d’amour à donner (7).

« Sauvez une vie, adoptez un chat noir »
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Voir aussi le dossier sur les animaux abandonné·e·s laissé·e·s pour compte dans notre dernier numéro.


De nombreux animaux passent ainsi une partie de leur vie dans un refuge, victimes de l’irresponsabilité de leurs anciens propriétaires et ce malgré une peine de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende encourue pour abandon. Afin d’essayer de stopper définitivement ces abandons, 240 parlementaires viennent d’annoncer le dépôt prochainement d’une proposition de loi. Les pistes de réflexion évoquées pourraient concerner la stérilisation obligatoire des chats, la « moralisation du commerce des animaux », la possibilité pour les résidents de maison de retraite ou d’EHPAD de garder leur animal ou encore des programmes scolaires qui visent à sensibiliser les enfants à leur responsabilité envers les animaux afin d’en faire les adultes responsables de demain.

Citron Vert